Cependant et durant près d’une semaine, monsieur Jean Bambelo, père de trois enfants, a été accusé par son employeur du vol d’une somme de 65 millions de francs CFA (environ 100.000 euros) dont il avait constaté la disparition dans sa maison. Face aux dénégations, monsieur Nicolas Okandzi l’a séquestré et torturé dans son domicile depuis le 19 décembre, avant de l’abattre froidement par balles, au petit matin du 23 décembre 2008.

Son corps couvert de stigmates, a été déposé à la morgue municipale de Brazzaville à trois heures du matin par un officier de la police judiciaire, alors que le suspect n° 1 dans ce meurtre, Nicolas Okandzi demeure impuni, son domicile, du reste, protégé par les services de police.

L’OCDH constate, comme à l’accoutumée et avec émoi, que ce crime crapuleux, conséquence de l’abus de pouvoir et de la détention illégale des armes de guerre, demeure une fois de plus impuni car l’auteur est un dignitaire civil du régime de Brazzaville.

Cette situation qui se produit sous le regard indifférent du Procureur de la république, voisin de quartier du présumé criminel, est d’autant plus scandaleuse que les plus hautes autorités de la police nationale s’étaient déportées sur le lieu du crime pour constater les faits et … pour renforcer la sécurité du présumé criminel.

Avec ce crime, il se pose, en outre, la question de l’origine de cette prétendue somme importante d’argent que Nicolas Okandzi, directeur général du budget cachait, subrepticement, dans sa maison et celle de la détention des armes de guerre par des tiers.

Ainsi, l’OCDH recommande :

1. Aux autorités judiciaires de :

• Ouvrir, sans délai, une information judiciaire sur la mort de monsieur Jean Bambelo et mettre immédiatement aux arrêts monsieur Nicolas Okandzi, présumé auteur du crime suivant la procédure du flagrant délit.

2. Au gouvernement de :

• demander la démission de Nicolas Okandzi au poste de directeur général du budget afin de lutter réellement contre l’impunité des auteurs des violations des droits de l’Homme ; • ouvrir une enquête sur l’origine des fonds au moment où le gouvernement lance avec les partenaires internationaux, une campagne de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion ; • respecter, en toute circonstance, les engagements pris par le Congo en matière des droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne le respect du droit à la vie et de l’intégrité physique et morale.