Le conseil des ministres annonce la décision gouvernementale d'organiser le dialogue national sans exclusive.
Par OCDH le mercredi 7 février 2001, 18:05 - Lien permanent
Suivant les conclusions du conseil des Ministres tenu le 29 janvier 2001 à Brazzaville, l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH) s'indigne et manifeste sa surprise devant l'annonce de la décision gouvernementale d'organiser le dialogue national sans exclusive à Brazzaville en lieu et place du médiateur International.
Par cette décision, l'OCDH, prenant à témoin l'opinion nationale et internationale, constate la violation flagrante de l'accord du 29 décembre 1999, qui en sont article 13 recommande au médiateur international d'organiser avec le concours de la communauté internationale le dialogue national sans exclusive.
En effet, non seulement le Gouvernement, partie signataire de ces accords, vient de marginaliser le médiateur international en lui ravissant l'initiative de la convocation du dialogue tant attendu, mais en plus, son rôle de facilitateur n'est plus réduit aujourd'hui qu'à participer à la cérémonie d'ouverture et de clôture dudit dialogue, pendant que le gouvernement s'érige en juge et partie.
entre-temps, la décision de tenir le dialogue à Brazzaville, en l'absence d'une amnistie à l'endroit d'une partie de la classe politique en exil, porte à n'en point douter, des germes d'exclusion de fait de cette classe politique dans la démarche devant ramener le pays vers une paix durable. Dans ces conditions, ce processus d'exclusion organisée peut être lourd de conséquence en ce qu'il empêcherait la réconciliation des instigateurs des violences politiques au Congo-Brazzaville.
Dès lors, l'OCDH interpelle le Gouvernement de la République afin qu'il épargne aux populations congolaises, principales victimes des égoïsmes et des guerres reccurentes, une nouvelle perte de temps et d'énergie dans l'organisation d'une rencontre qui pourrait ressembler au forum national de 1998.
En outre, la procédure d'organisation dudit dialogue en deux phases : l'une de consultation sur la base de projet de constitution, l'autre réservée au dialogue à l'échelle nationale, paraît simplement irréaliste et politicienne.
En effet, dans un contexte où les armes de guerres circulent toujours aussi librement dans les mains des personnes non habilitées et où des auteurs des atteintes aux droits de l'homme bénéficient de l'impunité de leurs actes, les citoyens congolais à la base n'ont pas les moyens nécessaires pour exprimer librement leur point de vue sur l'actuel projet de constitution et surtout le régime politique que les autorités entendent instituer.
Compte tenu de ce qui précède, l'OCDH interpelle :
Le médiateur international d'une part,
De prendre toutes ses responsabilités pour la résolution de la crise congolaise en vertu des accords du 29 décembre 1999, s'il est attaché à la paix et à la véritable démocratie;
Et d'autre part, le Président de la République, garant des institutions et de la sécurité des biens et des personnes,
De prendre les dispositions qui permettraient au médiateur international de jouer pleinement son rôle avec objectivité, en mettant en avant l'intérêt général au détriment des préoccupations partisanes ;
D'œuvrer à l'organisation du vrai dialogue national sans exclusive qui contribuerait à la réconciliation, au règlement du contentieux politique au Congo, et à la relance du processus de démocratisation.
Enfin, l'OCDH demande à la Communauté Internationale :
D'être davantage attentive aux risques de dérapage du fragile processus de paix au Congo en mettant la pression nécessaire sur tous les protagonistes et notamment sur les autorités actuelles du Congo-Brazzaville en vue de faire aboutir, sans plus tarder, le processus du vrai dialogue national sans exclusive.