Cette évasion qui s’est soldée par un mort et plusieurs blessés, peut trouver sa motivation par le fait que ces prisonniers n’ont pas reçu une alimentation durant trois jours.

L'OCDH constate que ce drame pose à nouveau le problème des mauvaises conditions de détention et confirme le mépris des droits humains, et à plus forte raison, des droits des personnes privées de liberté par le gouvernement congolais.

La Maison d’arrêt centrale de Brazzaville n’a pas de budget de fonctionnement et les responsables de cette institution sont souvent obligés de quémander l’aumône auprès des particuliers pour nourrir les prisonniers.

L’effectif pléthorique de cet établissement est également la conséquence de la fermeture de la quasi-totalité des maisons d’arrêt du Congo, à l’instar de celles de Dolisie et Djambala, pour cause de vétusté.

En outre, l’OCDH estime qu’une telle évasion ne pouvait se produire sans la complicité du personnel pénitencier ou de quelque autre personne ayant une responsabilité dans la gestion du système carcéral, d’autant plus qu’il est constaté la systématisation de la libération, moyennant des sommes d’argent, des criminels incarcérés sous le regard impuissant des victimes qui les croisent, en toute liberté, dans les rues.

A cet effet, l'Observatoire congolais des droits de l'Homme recommande :

1. Aux autorités judiciaires : l’ouverture immédiate d’une information judiciaire afin d'établir d’une part les causes de cette évasion et les circonstances du décès de l’un de ces détenus ; et d’autre part, dégager les responsabilités au sein de l’administration pénitentiaire ;

2. Au gouvernement : l’amélioration des conditions de détention en République du Congo par l’octroi des crédits nécessaires et la construction des Maisons d’arrêt modernes conformément aux règles minima établies par les Nations unies pour le traitement des détenus