Santé publique: Epidémie du choléra à Pointe-Noire et à Brazzaville.
Par OCDH le mardi 13 février 2007, 00:00 - Lien permanent
Brazzaville, le 13 février 2007. L’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) est extrêmement préoccupé par l’épidémie du choléra déclenchée à Pointe Noire et qui s’est propagée à Brazzaville. Il condamne l’irresponsabilité du gouvernement qui a caché l’existence de cette épidémie à la veille de l’ouverture, le 20 janvier 2007, de la Coupe d’Afrique des nations junior de football, qui s’est jouée à Pointe-Noire et à Brazzaville.
L’OCDH estime que ce drame dont on ne connaît pas l’origine pose à nouveau le problème de la jouissance des droits économiques et sociaux pour lesquels le gouvernement se soucie peu notamment en ce qui concerne la santé publique plus particulièrement la lutte contre la maladie et celui de l’accès à l’eau potable dont la couverture nationale est de moins de 15%.
Face à ce fléau, le gouvernement est incapable comme d’habitude de prendre ses responsabilités pendant que la maladie se propage ou plutôt préfère prendre des mesures irréalistes interdisant le commerce et la consommation des boissons de fabrication artisanale à base d’eau de la société nationale de distribution d’eau (SNDE), véritables sources de revenus de plusieurs ménages. On peut se demander si de l’eau distribuée par la SNDE est potable ; car sinon comment comprendre les mesures évoquées ci-dessus prises sur les boissons y compris l’eau vendue dans de petits sacs en plastique ? Cette mesure est une véritable carte blanche donnée aux gendarmes qui commettent des exactions sur les vendeurs à la criée de ces boissons.
Les villes de Pointe – Noire et Brazzaville n’ont pas de services de voirie urbaine et les décharges d’immondices jonchent sauvagement les rues et obstruent des réseaux d’égouts. Les principaux établissements humains n’ont pas de stations d’épuration des eaux usées. Les conditions d’hygiène publique sont précaires. Tout ceci entraîne la pollution de l’environnement et favorise la recrudescence des maladies diarrhéiques et celles d’origine hydrique.
A cet effet, l’OCDH recommande :
Au Gouvernement :
- D'informer les populations sur l’origine de cette épidémie, le nombre exact des victimes à ce jour et de dire la vérité si l’eau distribuée par la SNDE n’est plus potable ; - D’ouvrir une enquête sur les abus des gendarmes à l’endroit des vendeurs à la criée des boissons ci-dessus citées ; - De rétablir ou de développer les services d’hygiène publique à Brazzaville et Pointe – Noire ainsi que dans les centres urbains secondaires ; - De développer les services d’assainissement urbain pour lutter contre la présence des dépotoirs sauvages d’immondices ; - De mettre en place un système national d’alerte rapide et efficace en santé publique ; - D’assurer l’approvisionnement sain, régulier et durable en eau potable.