Le gouvernement s’obstine à organiser unilatéralement les élections locales et municipales sans tenir compte des recommandations qui avaient été formulées par les observateurs électoraux nationaux et internationaux, suite au chaos constaté lors des élections législatives.

En effet, les élections législatives qui se sont déroulées, de juin à décembre 2007, ont démontré les limites de la méthode du gouvernement. Elles ont été entachées de graves irrégularités reconnues par l’ensemble des acteurs y compris le gouvernement lui-même. Ces irrégularités ont été le fait de l’inorganisation, de l’impréparation et de la tricherie généralisée, occasionnées par le trafic du fichier électoral, l’amateurisme de l’administration en charge de l’organisation des élections, et du rôle superflu de la Commission nationale des élections (Conel).

Ces élections législatives n’ont pas permis une avancée de la démocratie ; plutôt une confirmation du manque de volonté politique de libérer la démocratie domestiquée.

D’ailleurs la cour constitutionnelle, dernier rempart sensé redonner du crédit à ces élections, a plutôt refusé de dire le droit pour se mettre au service du politique.

Depuis lors, le gouvernement n’a pas donné un signal fort de sa volonté d’améliorer l’organisation des élections en répondant aux principales préoccupations : la refonte du fichier électoral par l’organisation d’un recensement administratif spécial et la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante avec une composition consensuelle (opposition, société civile et gouvernement).

Afin de jeter les bases de la tenue des élections justes, équitables, libres et transparentes, l’OCDH demande le report des élections locales et municipales pour permettre la mise en place d’une commission électorale indépendante et la refonte du fichier électoral.