Trafic d’enfants autochtones : l’inculpation d’un trafiquant met le juge d’instruction sous pression
Par OCDH le mercredi 26 mars 2008, 18:39 - Peuples Autochtones - Lien permanent
Brazzaville, Sibiti, le 26 mars 2008. L’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) et l’Association pour la promotion socioculturelle des Pygmées du Congo (APSPC), organisation basée à Sibiti dans le département de la Lékoumou au Sud Ouest de la république du Congo, informent l’opinion publique nationale et internationale que depuis le 21 mars 2008 monsieur Omer Gapa, ancien élu local (conseiller départemental) est inculpé par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Sibiti et gardé à vue à la police, pour enlèvement et disparition forcée d’une enfant autochtone, mademoiselle Tamba Ndzoumba depuis 1989 alors qu’elle avait environ six ans.
Monsieur Omer Gapa, héritier d’une famille « propriétaire de Pygmées » a emmené contre le gré de ses parents, mademoiselle Tamba Ndzoumba vers une destination inconnue à ce jour. Les multiples demandes des parents de la fille auprès de monsieur Gapa sont restées sans suite, ce dernier prétextant que l’enfant serait en France pour ses études. D’où la saisine de la justice pour faire la lumière sur cette nébuleuse affaire. L’OCDH et l’APSPC sont parties civiles aux côtés de la famille de cette enfant disparue.
Depuis la saisine de la justice, plusieurs personnalités exercent une pression sur les magistrats de Sibiti pour qu’ils abandonnent l’instruction de cette affaire. L’OCDH et l’APSPC tiendront ces personnes pour complices de monsieur Omer Gapa, s’exposant ainsi aux poursuites judiciaires conformément aux normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme auxquelles le Congo est partie.
L’OCDH et l’APSPC mettent en garde contre toutes les entraves à l’éclosion de la vérité sur cette affaire, qui est une preuve de plus de la marginalisation, la discrimination et les mauvais traitements dont sont victimes les peuples autochtones du Congo.
En effet, cette affaire est la conséquence de la pratique des « maîtres d’esclaves Pygmées » courante en république du Congo, consacrant le fait qu’un individu peut se prévaloir, au nom de la coutume, d’être « propriétaire de Pygmées » et d’en user à sa guise. Les deux organisations recommandent au gouvernement du Congo de concrétiser son engagement pris devant la communauté internationale de faire adopter la Loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones du Congo, initiée par le ministère de la Justice et des droits humains depuis plus trois ans.