Depuis la commission de ce crime, le parquet général près la Cour d’appel de Pointe – Noire n’a toujours pas ouvert une information judiciaire : « je n’ai toujours pas les rapports de la police et de la gendarmerie à ce sujet », se contente de dire le procureur de la république près le Tribunal de grande instance de Pointe – Noire, à l’une des familles des victimes de ce meurtre crapuleux.

En effet, ces victimes, en compagnie d’autres gendarmes, s’étaient rendues au commissariat de Lumumba pour s’enquérir de la situation de leur frère d’arme arrêté peu avant. Sur place, il y eut une altercation entre les gendarmes non armés et les policiers en service, qui a tourné au drame : un policier a tiré tour à tour sur les deux infortunés. Mortellement blessés, dans l’enceinte du commissariat, ces gendarmes ont succombé par la suite. Leurs corps ont été déposés à la morgue de l’hôpital Adolphe CISSE de Pointe – Noire.

Ce drame qui pose à nouveau le problème des exécutions sommaires et du non respect du droit à la vie, auquel se livrent les agents de la police nationale, traduit d’une part l’insécurité dans laquelle vit la population congolaise, et d’autre part le manque de professionnalisme des agents de la police plus enclins à faire usage de leurs armes de guerre qu’à faire réellement le travail de police judiciaire.

Ainsi, l’Observatoire congolais des droits de l’Homme recommande :

1. Aux autorités judiciaires : - d’ouvrir sans délais une information judicaire afin d’identifier les auteurs de ce crime et de les traduire devant la justice ; - d’effectuer de manière systématique des visites dans des lieux de détention des commissariats de police et des brigades de gendarmerie.

2. Au gouvernement : - de prendre des mesures nécessaires afin que soient respectés, en toutes circonstances, les dispositions des textes internationaux en matière des droits de l’Homme, volontairement ratifiés par le Congo ; - de lutter efficacement contre les auteurs de violations des droits de l’Homme.