Brazzaville, septembre 2008 L’OCDH constate une fois de plus que les promesses faites par le gouvernement aux enseignants n’ont pas été suivies d’effet. A la lecture de la déclaration de la CRPE, il ressort ceci :

« Jusqu’alors, le gouvernement refuse de mettre en place le Comité national pour le dialogue social sensé diligenter le déblocage des effets financiers des avancements, ainsi que d’autres avantages promis aux enseignants ».

Notons que cette promesse avait été faite en janvier 2008, avec bien d’autres non tenues à ce jour. Il s’agit notamment du paiement de la prime d’enracinement, du relèvement du point d’indice de 160 à 230, de l’intégration dans la fonction publique de tous les prestataires, bénévoles et volontaires de l’enseignement et du paiement des rappels des soldes d’activités des ex-volontaires de l’enseignement intégrés dans la fonction publique en 2004 et 2005.

L’OCDH a deux préoccupations : La première est liée au fait que le gouvernement ne tient pas ses promesses et abandonne les enseignants dans une situation de précarité qui occasionne les départs de plusieurs fonctionnaires. Il est très rare, sinon impossible, de voir des fonctionnaires quitter d’autres secteurs d’activités pour l’enseignement. Alors que le gouvernement a le devoir régalien de garantir le droit à l’éducation. Ce comportement du gouvernement résulte soit de l’irresponsabilité soit de la mauvaise foi.

Il est difficile de comprendre autrement le silence entretenu par le gouvernement face aux sollicitudes des enseignants. Le Congo est un pays très riche dont les populations croupissent dans la misère, avec un chiffre d’affaire annuel d’exploitation forestière de 240 millions de dollars et des revenus pétroliers ayant atteint 5 milliards de dollars en 2007, le gouvernement trouve des moyens de ne pas régler les problèmes posés par les enseignants.

La deuxième préoccupation résulte du fait que à chaque avis de grève des enseignants, le gouvernement livre les syndicalistes à la solde des services de police de tout bord. Ainsi, ses infortunés sont taxés de tout, intimidés et menacés, on les accuse de vouloir déstabiliser le pouvoir en place. Un gouvernement responsable ne peut ainsi traiter ces hommes et ces femmes qui dans la précarité dispensent la connaissance aux enfants, avenir du Congo, pays fortement scolarisé.

En effet, dans sa malice, le gouvernement met en avant la Direction générale de la police nationale (DGPN), corps neutre de l’Etat pour la sécurité des personnes et des biens, comme interlocuteur, négociateur et finalement médiateur de la crise sociale entre les enseignants et le gouvernement. Ce n’est pas une mission de la police. C’est un acte qui viole la constitution et met la police congolaise en situation inconfortable car en flagrant délit de faire la politique. L’Etat de droit, c’est le respect de la loi. La police congolaise n’est pas au dessus de la loi.

Au cours de la rencontre police et syndicalistes enseignants du secteur public de cette semaine, c’est la Direction générale de la police nationale qui annonce que le gouvernement va – enfin – mettre en place la fameuse commission de dialogue. Ne s’agit – il pas encore du dilatoire que de régler finalement les problèmes à partir du 15 octobre ? C’est un piège que le gouvernement tend toujours aux enseignants, car dès lors que la rentrée scolaire est effective, il est difficile de lancer tout de suite un autre avis de grève.

Comme à l’accoutumée, les syndicalistes enseignants sont accusés de mettre à mal la paix et l’unité nationale à travers leurs revendications. On trouve par la même occasion des instigateurs des mouvements de grève des enseignants du secteur public.

En rappel, en 2005, suite à la grève déclenchée le 3 octobre 2008, par les enseignants du secteur public, des syndicalistes ont été interpellés et gardés à vue dans les locaux de la police.

De même, en janvier 2008, monsieur Guy Serge Bakala, enseignant d’anglais au collège Félix Tchikaya de Pointe – Noire, a été harcelé par la Direction départementale de la surveillance du territoire de Pointe – Noire pour avoir distribué l’avis de grève de son syndicat, en janvier 2008, alors que ces collègues de Brazzaville venaient de suspendre la grève. Il a subi des interrogatoires de la part des agents spéciaux de la police, sous prétexte qu’il serait instrumentalisé par un homme politique.

Ceci dit, nous demandons au gouvernement de régler sans délai les revendications des enseignants du secteur public conformément aux engagements pris lors des rencontres ministère du travail et CRPE les 13 et 15 février 2008, à la Tour Nabemba.

Au parlement, de prendre la mesure de ses responsabilités en votant des budgets conséquents pour le secteur des enseignants.