Dans son rapport publié au mois de novembre dernier intitulé : « Arrestations arbitraires, présomption de culpabilité : une trentaine de personnes privées de liberté », l’OCDH avait souligné que ces dizaines d’arrestations avaient été effectuées par les services de police, au mépris des dispositions du code de procédure pénale. Les personnes arrêtées n’ont été prises ni en flagrant délit, ni en possession du butin du pillage. En réalité, ces arrestations ont été motivées par la nécessité de trouver des boucs émissaires aux troubles de Pointe-Noire afin de masquer la défaillance des services sensés assurer la sécurité des officiels présents y compris le couple présidentiel.

L’une des victimes de cette rafle, Guy Poaty était mort en détention des suites des actes de torture qu’il avait subis au Commissariat central.

En outre, Sita Ndombet, originaire de la République Démocratique du Congo (RDC) est porté disparu après quelques jours de détention à la maison d’arrêt.

Dans cet élan, l’OCDH appelle à la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques dont Gilbert Nsonguissa Moulangou, membre du Conseil national de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), parti politique de l’ancien chef de l’Etat congolais Pascal Lissouba, qui demeure toujours détenu à la prison de Brazzaville pour des motifs politiques.

C’est également le cas de trois demandeurs d’asile originaires de la RDC, en situation de séquestration depuis mars 2004 à la Direction centrale des renseignements militaires. Il s’agit du major magistrat Germain Ndabamenya Atikilome, du major aumônier kimbanguiste Médard Mabwaka Egbonde et du capitaine policier Bosch Ndala Umba.

Par ailleurs, l’OCDH recommande au gouvernement de : •Ouvrir une information judiciaire sur la mort de Guy Poaty et sur la disparition forcée de Sita NDombet afin d’identifier et de condamner les auteurs de ce crime conformément aux lois en vigueur ; •Respecter en toutes circonstances les engagements pris par le Congo en matière de droits de l’Homme, notamment en ce qui concerne le pluralisme démocratique et le respect de l’intégrité physique et morale des défenseurs des droits de l’Homme.