Par ailleurs, l’OCDH est préoccupé par le harcèlement et la persécution de plusieurs cadres de la BDEAC qui ont mis à nu cette malversation. Des cas de menaces, de harcèlement judiciaire, de licenciement abusifs ou déguisés et autres démissions forcées sont, en effet, reprochés au président de la BDEAC. Ces victimes qui se sont constitués en un collectif, affirment que monsieur Dologuele a mis en place une stratégie visant à museler tous les cadres susceptibles de fournir des informations sur cette affaire.

Le cas le plus typique a été l’arrestation, l’incarcération et le licenciement abusif de l’ancien Directeur du département des financements des projets, monsieur Paul Gilles Nanda courant septembre 2009. Ce licenciement lui avait été notifié par monsieur Dologuele alors qu’il était détenu à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville au mépris de son immunité diplomatique.

Il est à noter que, monsieur Dologuele a effectué un placement dans les fonds Primeo à la Bank Austria AG, en violation des statuts de la BDEAC. Cette somme s’est volatilisée. Les fonds Primeo sont des « Hedge funds » autrement dit des fonds non traditionnels hautement spéculatifs et qui prennent de gros risques. Ces risques sont clairement définis dans le document contractuel relatif à ce placement, qui avait été signé par le président Anicet Georges Dologuele.

Au regard de ce qui précède, l’OCDH recommande aux chefs d’Etat des pays membres de la CEMAC :

- de démettre monsieur Anicet Georges Dologuele de ses fonctions de président de la BDEAC pour qu’il se mette à la disposition de la justice et surtout, pour perte de crédit et d’autorité morale, au moment où la banque est pratiquement en cessation de paiement ; - d’examiner les plaintes relatives aux violations des droits des travailleurs de la BDEAC afin de pourvoir à la réparation des préjudices qu’ils ont subis, et ce, conformément aux statuts de la banque et aux normes nationales et internationales relatives au droit du travail ; - de réviser les statuts et changer le mode de fonctionnement de la Banque en prenant des dispositions qui renforcent ses mécanismes internes de suivi et de contrôle en vue d’en garantir la bonne gouvernance ; - de respecter en toutes circonstances les statuts de la Banque, ainsi que les normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme.