Premièrement, de garantir la sécurité des biens et des personnes dans le département du Pool et de mettre fin à l’impunité dont jouissent les miliciens Ninjas, auteurs et commanditaires d’actes de torture, de viols et d’assassinats ;

Deuxièmement, de mettre en œuvre un programme conséquent de désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants du Pool et subséquemment, redéployer les services de l’Etat dans toutes les localités tenues par les chefs de bandes Ninjas.

Troisièmement, de prendre les dispositions qui s’imposent pour que la circonscription de Mindouli 1 ait un représentant qui siège à l’assemblée nationale.

Contexte

Depuis plus d’une décennie, les populations du département du Pool Sud vivent le martyr avec des exactions commises pendant la guerre de 1998 à 2003 qui opposait, d’une part par les forces armées congolaises et leurs supplétifs cobras, intheramwe rwandais et ex soldats zaïrois (des Forces armées zaïroises et ceux de la division spéciale présidentielle – DSP du président Mobutu) ; et d’autre part, par les miliciens Ninjas et Nsiloulou sous les ordres de monsieur Frédéric Bitsangou alias Révérend Pasteur Ntumi, actuellement Délégué général auprès de la présidence chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre.

A la suite de plusieurs accords de paix, plus ou moins respectés, la guerre a pratiquement pris fin dans ce département. Le Pasteur Ntumi a été nommé en mai 2007, à ces nouvelles fonctions.

Malgré une nette évolution de la situation sécuritaire, la question du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion de quelque 30.000 ex-combattants Ninjas reste entière. Les multiples appuis de la communauté internationale pour résoudre ce problème, n’ont pas atteint leur objectif.

Cette situation de ni guerre, ni paix n’avait pas permis aux populations du Pool d’avoir tous leurs représentants au parlement. C’est seulement à la suite des élections législatives, organisées dans un chaos total en 2007, que toutes les circonscriptions du Pool ont pu élire leur représentant.

Dès le début de cette année 2010, le Pool est oublié. Les populations sont toujours les laisser pour compte des solutions politiques : les exactions se poursuivent et la circonscription de Mindouli 1 n’a plus de représentant à l’Assemblée nationale.

Ce début d’année, coïncide avec la période de la cueillette des safous. Les propriétaires des plantations de ce fruit tropical, doivent d’abord demander l’autorisation aux chefs de bandes Ninjas pour prétendre les cueillir.

Plusieurs localités sont sous le joug des miliciens Ninjas qui vivent sur le dos des populations martyrisées qui ne savent pas à quel saint se vouer. Il s’agit de Goma Tsétsé, Madzia, Kibouénde, Loulombo, Missafou, Kinkembo, etc. pour la plupart longeant le chemin de fer Congo Océan.

Sur la situation sécuritaire dans le Pool :

L’OCDH prend acte de l’arrivée à Brazzaville, courant décembre 2009, de monsieur Frédéric Bitsangou alias Pasteur Ntumi et dénonce vigoureusement le meurtre de Jacques Loubassou Matondo, et quatre autres personnes par les miliciens Ninjas, au début de ce mois de janvier 2010 à Kibouendé dans la sous – préfecture de Kinkala, dans le département du Pool.

Jacques Loubassou Matondo, 45 ans et père de 10 enfants était originaire de la localité voisine de Madzia. Il vivait depuis 2001 à Kibouendé où il gérait les biens familiaux jusqu’à la nuit du 1er au 2 janvier 2010 lorsqu’il trouve la mort. En effet, ses assassins ont d’abord enlevé et violé la belle mère de la victime avant de l’obliger de frapper à la porte de M. Jacques Loubassou Matondo. Son épouse ouvrant la porte découvre sa mère dans un état pénible après son viol. Elle décide alors de l’emmener se réfugier loin de sa maison conjugale.

Après avoir mis sa mère à l’abri, l’épouse de Jacques Loubassou Matondo revient à la maison pour constater la disparition de son mari enlevé par ces assaillants qui sont en réalité des miliciens Ninjas. Apeurée, par les cris et les coups de feu, elle est restée terrée à domicile surtout qu’il pleuvait toute la nuit.

C’est finalement le matin que le corps de Jacques Loubassou Matondo a été découvert criblé de trois balles.

Le même jour de la découverte du corps, le 2 janvier 2010, une autre bande de Ninjas du chef de gang « Ramses », non autrement identifié, organise des représailles au domicile de l’oncle d’un des auteurs de crime crapuleux, surnommé « Mwana Mama », identifié par la belle mère violée juste avant ce meurtre et appartenant à la bande adverse ayant pour chef de gang « Capi Djedra » rentré à Brazzaville dans les suites du Pasteur Ntumi. Bilan de ces représailles : deux morts et l’oncle de « Mwana Mama » grièvement blessé. Il est hospitalisé à Kinkala.

Suite à ces représailles, la localité a été sous le choc et les populations avaient fui dans la forêt jusqu’au 6 janvier car les deux bandes de Ninjas se livraient à un échange de tirs avec des armes de guerres. C’est ainsi que Ntumi va envoyer ces éléments dans la localité pour calmer les Ninjas des deux bandes et appeler les populations à regagner leurs domiciles.

Pendant ce temps, ce fameux « Mwana Mama » dans sa cavale est rattrapé à la gare de PK Mfilou au sud de Brazzaville et présenté à la police ferroviaire. Il est conduit un jour après au poste de police de la gare centrale où il a été libéré alors que la gendarmerie de Kinkala qui enquête sur cette affaire demandait son déferrement. Il doit être rattrapé afin qu’il réponde de ces actes.

Sur l’absence d’un député de la circonscription de Mindouli 1 à l’Assemblée nationale :

La loi n° 021 du 24 novembre 2001, portant loi électorale en république du Congo en son article 58 sur les incompatibilités interdit à un membre du gouvernement de siéger à l’hémicycle. L’article 59 donne les dispositions à prendre en cas d’incompatibilité et enfin l’article 60 permet dans tous les cas le siège du suppléant.

Dans la situation de la circonscription de Mindouli 1, Mlle. Adélaïde Moungani, député titulaire est membre du gouvernement au sein duquel, elle assume les fonctions de ministre des petites, moyennes entreprises et de l’artisanat.

A sa place, siégeait monsieur Mpassi Mouba, son suppléant qui malheureusement est décédé en décembre 2009, laissant vacant le siège de Mindouli 1 à l’Assemblée nationale. Et Mlle. Adelaïde Moungani reste toujours ministre au détriment des populations de ce district du Pool.

Deux cas de figure sont envisageables : Soit Mlle. Adelaïde Moungani démissionne du gouvernement et regagne noblement son fauteuil d’élue de sa contrée ; soit elle démissionne de son mandat de député, ce qui permettra d’organiser une élection partielle dans cette localité. Dans ce dernier cas, sa chambre peut également prononcer sa démission sur requête du bureau de l’Assemblée nationale.