La République du Congo a été sélectionnée depuis janvier 2010 par le Fonds de Partenariat pour le Carbonne forestier de la Banque Mondiale, pour la mise en œuvre du programme REDD. Une quarantaine de membres des organisations non gouvernementales venant de Dolisie, Owando, Djambala, Pointe-Noire et Brazzaville ont participé à cet atelier qui s’est déroulé dans la salle de conférences de l’ASUHD. L’objectif de cet atelier était de formuler des propositions en vue de la prise en compte des droits des communautés locales et des populations autochtones, ainsi que des normes de la gestion durable des forêts, dans le R-PP Congo. Au regard des enjeux que soulève la thématique du mécanisme REDD, la Plateforme fait sienne les principes adoptés par la société civile lors de la Conférence d’Accra du 18 au 20 août 2008, l’atelier de Douala du 27 au 30 septembre 2010 et de la conférence de Tianjin du 04 au 09 octobre 2010. Après analyse du R-PP, les participants ont apporté plusieurs contributions formulées sous forme de recommandations principalement centrés autour des points suivants :

- La République du Congo ne devrait pas soutenir les arguments qui consistent à incriminer les communautés locales et les populations autochtones comme étant les principaux auteurs de la déforestation et de la dégradation des écosystèmes forestiers ;

- La REDD ne devrait pas constituer une nouvelle menace de dépossession de leurs terres ancestrales pour les communautés locales, c’est-à-dire que tout processus de prise en compte du carbone dans la gestion des forêts devrait nécessairement assurer la reconnaissance et la sécurisation préalables des droits des communautés locales et autochtones sur les terres et les ressources à travers les mesures de sauvegarde clairement énoncées dans la R-PP ;

- Le consentement libre, informé et préalable des communautés locales et des populations autochtones devrait être recueilli avant l’élaboration et la mise en œuvre de tout projet susceptible de les affecter dans leur mode de vie, leurs droits à la terre et aux ressources de la forêt;

- Le financement de la contribution de la forêt à la régulation du climat mondial ne doit pas être considéré comme un prétexte, mieux une autorisation pour les pays pollueurs à éviter la réduction de manière sensible de leurs émissions de gaz à effet de serre, moins encore comme un mécanisme de transfert par eux de la dette des PTTE comme forme de paiement.

Tout en se félicitant de la disponibilité du gouvernement à travers la participation du Coordonateur national REDD, monsieur Georges Claver BOUDZANGA, à cet atelier, la Plateforme s’engage à apporter sa contribution à ce processus en appuyant les pouvoirs publics dans leur action afin que ce changement qui s’avère nécessaire pour la survie de la planète, ne porte atteinte au mode de vie, à la culture, ni surtout aux droits de ces communautés à l’accès à la terre et aux ressources de la forêt.