L’OCDH déplore, par ailleurs, la négligence qu’ont fait montre les autorités sur la sécurité des populations alors que le pays a déjà connu dans le passé ce genre d’accidents malheureux.

Réuni pour la circonstance, le gouvernement a annoncé des décisions en faveur des familles endeuillées et sinistrées et fait part de l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances du court-circuit ayant occasionné le départ du grave incendie.

Mais quarante-huit heures après la tragédie provoquée par cette explosion, force était de constater une gestion hasardeuse de cette crise par le gouvernement. Les paroles rassurantes contrastent avec la persistance des détonations qui continuaient à terroriser les populations jusqu’à la mi-journée du 6 mars 2012. Les détonations de moins en moins fortes et à intervalles irrégulières étaient encore perceptibles.

C’est le lieu de se demander pourquoi les plus hautes autorités congolaises si jalouses de leur propre sécurité n’avaient-elles pas mesuré à sa juste valeur le danger que représentait ce dépôt d’armes à proximité des zones habitées. L’existence depuis deux ans, d’un certain projet de retrait de cet arsenal n’explique pas l’inaction pour sa mise en œuvre urgente au regard du risque d’explosion à tout instant, comme ce 04 Mars 2012.

Sous réserve des résultats de l’enquête pour établir d’autres responsabilités, l’OCDH estime que cette situation est le fait de la négligence de l’Etat congolais qui n’a pas su tirer les leçons des précédentes explosions de munitions survenues dans ce même camp du régiment blindé en avril 2009. De même, l’explosion de la poudrière de Pointe-Noire en 1997 qui avait occasionné plusieurs dégâts humains et matériels n’est plus qu’un lointain souvenir pour le gouvernement congolais.

L’OCDH exprime son scepticisme face à la promesse du gouvernement d’indemniser les victimes de cette énième catastrophe. En effet, force est de constater que le gouvernement a pris pour l’habitude d’user de ce saupoudrage pour ensuite abandonner les victimes sans soutien. L’exemple des suites données aux accidents ferroviaires de Mvoungouti du 5 septembre 1991 et de Yanga du 22 juin 2010, du crash de l’avion de TAC à Pointe Noire du 21 mars 2011 est édifiant. La majorité des victimes n’a jamais été indemnisée malgré les multiples démarches.

Au regard de ce qui précède, l’OCDH recommande :

Au gouvernement

- D’éloigner toutes les casernes militaires et autres dépôt de munitions de toutes les villes et lieux d’habitation de la République du Congo ; - De procéder au ramassage des obus qui jonchent la ville de Brazzaville ; - De créer des conditions sanitaires décentes dans les sites des sinistrés ; - D’apporter une assistance médicale effective aux rescapés ; - D’indemniser effectivement et équitablement les victimes de cette catastrophe humanitaire y compris celles des accidents ferroviaires de Mvoungouti et de Yanga et du crash aérien de Pointe Noire en toute transparence ; - De mettre en place une commission d’enquête internationale afin d’identifier la cause exacte de cet incendie ; - De mettre en œuvre d’un programme d’assainissement et de désinfection des lieux sinistrés en vue de prévenir les épidémies.