Sans qu’il lui soit signifié les motifs de son arrestation, il a été conduit aux locaux de la DDST. Depuis, sa famille et ses proches peinent à le rencontrer, et sont dans l’impossibilité de déterminer sa situation.

A titre de rappel, la CRPE avait mené un mouvement de grève de février à mai 2013 en revendication des droits des enseignants. Au cours de cette période, plusieurs enseignants et syndicalistes avaient été arrêtés et détenus dans les locaux de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

Acteur de la grève des enseignants qui a été suspendue le 11 mai 2013, M. Dominique NTSIENKOULOU avait fait l’objet d’une première tentative d’enlèvement par les agents de la police à son domicile le 29 avril à 5h30 du matin. Ne l’ayant pas trouvé, ils s’étaient rendus au domicile de sa sœur qu’ils avaient fouillé de fond en comble. Ils avaient emporté avec eux les bijoux et l’argent trouvé sur place. Depuis lors, M. Dominique NTSIENKOULOU ne cesse de demander la restitution de ces biens.

La suspension de la grève avait laissé place à des négociations entre le gouvernement et les représentants syndicaux, dans le cadre du comité national de dialogue social. Cette énième arrestation d’un membre de la CRPE confirme nos craintes sur les menaces qui pèsent sur ces syndicalistes du fait d’avoir mené leur mouvement de grève de février à mai 2013.

Face à cette situation inadmissible, l’OCDH recommande au gouvernement :

  • D’ordonner la libération immédiate et sans condition de M. Dominique NTSIENKOULOU enlevé et détenu arbitrairement ;
  • D’ordonner la restitution des biens pillés au domicile de la sœur de monsieur NTSIENKOULOU ;
  • De faire cesser toutes formes de menaces à l’encontre des syndicalistes ;
  • De veiller au respect des libertés fondamentales dont la liberté syndicale ;
  • D’ouvrir une enquête judiciaire contre les personnes ayant commandité cet enlèvement ;
  • De prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’intégrité physique et morale des syndicalistes ;
  • De veiller au respect des normes internationales relatives à la protection des libertés syndicales.