COMMUNIQUE CONJOINT Un autochtone tué par les policiers à Sibiti, les présumés auteurs libres de tout mouvement.

Brazzaville, Sibiti, le 09 août 2013. L’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH), l’Organisation pour le développement et les droits humains au Congo (ODDHC) et l’Association pour la promotion socioculturelle des autochtones du Congo (APSAC) expriment leur indignation suite à l’assassinat d’un autochtone nommé Mangoto Antoine par les policiers en service au commissariat de police de Sibiti (département de la Lékoumou) le samedi 20 juillet 2013. Cette situation est d’autant plus préoccupante que ces policiers ne sont nullement inquiétés et jouissent de l’impunité.

A titre de rappel, après avoir participé à une cérémonie traditionnelle, monsieur Mangoto Antoine, père de famille âgé de 49 ans avait été appréhendé dans sa concession familiale au village Moukanda (District de Sibiti), aux environs de cinq (5) heures du matin par les policiers en patrouille.

Après l’avoir embarqué dans leur véhicule, ces policiers avaient conduit monsieur Mangoto Antoine à 5 kilomètre de Moukanda, précisément à Mongo, en le rouant de coups. Ayant constaté qu’il avait trouvé la mort suite à cette battue, le crane fracassé, ces policiers ont abandonné le corps sans vie de l’infortuné au milieu de la route pour maquiller leur crime en accident de circulation.

La famille de la victime assistée du Président l’APSAC, a informé les autorités de la localité, dont le procureur de la république près le tribunal de grande instance de Sibiti qui a procédé au constat. Une plainte avait été déposée à ce sujet.

Malheureusement, les présumés auteurs bien que connus de leur hiérarchie, sont en service. Cette situation qui dénote de la banalisation du crime vient confirmer la vulnérabilité et la discrimination dont sont victimes les Populations Autochtones, malgré la promulgation de la loi n°5-2011 du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones en République du Congo.

L’OCDH, l’ODDHC et l’APSAC craignent que la procédure initiée par la famille de la victime ne reste sans suites.

Face à ce constat, l’OCDH, l’ODDHC et l’APSAC recommandent au Gouvernement :

- D’instruire les autorités judiciaires de Sibiti afin que les présumés auteurs soient mis aux arrêts pour qu’ils répondent de leur crime au cours d’un procès juste et équitable;

- De prendre les mesures concrètes pour dédommager la famille de monsieur Mangoto Antoine conformément à la loi;

- De veiller à l’intégrité physique et morale du Président de l’APSAC, partenaire de l’OCDH et de l’ODDHC dans le département de la Lékoumou ;

- De diligenter le processus d’élaboration des textes d’application de la loi n°5-2011 du 25 février 2011 portant protection et promotion des droits des populations autochtones.

Contacts APSAC : Tel. (00 242) 05 599 04 99 / 06 801 50 84

ODDHC : Tel. (00 242) 06 950 29 64 / 06 975 49 79

           Email : oddhc@yahoo.fr

OCDH : Tel. (00 242) 05 553 15 73 / 05 533 07 63

          Email : ocdh.brazza@voila.fr; www.htt//blog.ocdh.org