En effet, la situation politique en République du Congo est très tendue depuis l’annonce officielle, par le Président de la République, convoquant un référendum qui permettra d’abroger la Constitution en vigueur et, lui ouvrir ainsi la voie de briguer un troisième mandat. La situation est caractérisée par de violations manifestes des droits et libertés fondamentaux : atteintes aux droits et libertés politiques, arrestations et détentions arbitraires, restrictions des libertés de mouvements des leaders politiques, confiscation des médias publics, criminalisation des mouvements sociaux, intimidations par les autorités judiciaires…

L’OCDH, ayant pris connaissance du projet de la « nouvelle Constitution », exprime ses vives inquiétudes en ce que ce texte est en lui-même contradictoire dans le fond au regard du droit international des droits de l’Homme et des engagements internationaux pris par l’Etat congolais en matière de démocratie et de l’Etat de droit. Par exemple, certains passages de ce texte consacrent l’impunité même pour les crimes graves (art. 10 et 96).

L’opposition politique et la société civile ont donné un ultimatum qui expire le 19 octobre 2015 au Président de la République. Pour les deux composantes, l’unique recours en cas du silence du Président de la République, est la désobéissance civile. Or, il est clair que la majorité des congolais plus principalement des grandes villes, est acquise à l’opposition politique et à des organisations de la société civile opposées à cette initiative référendaire.

A neuf (09) jours de la convocation du corps électoral dans des conditions véritablement bidon, les craintes d’une escalade vers l’embrasement sont réelles. Le professionnalisme des forces de sécurité est douté en raison des reflexes partisans, et la méfiance entre les populations et les forces de sécurité est bien évidente. La répression sanglante du meeting de l’opposition à Pointe Noire est illustrative. On dénombre une dizaine des blessés.

Les esprits sont surchauffés dans plusieurs parties du pays si bien que des centaines des familles congolaises quittent Brazzaville, craignant des violences sans issus. Face à un tel contexte, la

communauté internationale en l’occurrence l’Union africaine et les Nations Unies doit intervenir. Mais, l’OCDH craint que la situation politique au Burundi, au Mali, en République centrafricaine… détourne l’attention de la communauté internationale sur ce qui se passe présentement en République du Congo.

Au regard du climat politique explosif, l’OCDH demande

> Au Président de la République de :

  • Renoncer à son projet référendaire avant l’expiration de l’ultimatum du 19 octobre ;
  • Engager un dialogue franc avec toutes les parties prenantes ;
  • Libérer tous les opposants politiques et activistes de la société civile détenus à Brazzaville et Pointe-Noire.

> A la communauté internationale de :

  • Amorcer rapidement des discussions entre les parties prenantes pour déterminer les conditions du dialogue, le cas échéant, actionner des sanctions ciblées contre les personnalités clés du pouvoir afin de les contraindre au dialogue.