Cette année 2016 a été marquée par des graves violations des droits humains liées à la crise post-électorale mais aussi des violations graves qui ne sont pas liées à cette question.

Qu’il s’agisse des droits civils et politiques ou des droits économiques et socioculturels, le triste constat à cette date commémorative du 10 décembre 2016 est la persistance des violations des droits humains au Congo-Brazzaville. - Sur les droits sociaux et économiques

Des milliers des congolais restent privés de l’essentiel. Les emplois promis restent une utopie, on note un accès difficile aux soins de santé, à l’éducation, à un logement décent ; un accès pas satisfaisant à l’eau et à l’électricité, la dépossession des communautés locales et autochtone de leurs terres par les multinationales en complicité avec les autorités… La liste n’est pas complète.

Ces droits ne sont pas justiciables. Et c’est peut-être la raison pour laquelle les améliorations sont toujours médiocres et qu’il y a absence de redevabilité. Il est temps d’aller vers la justiciabilité des droits économiques et socioculturels. - Sur les droits civils et politiques

La situation est aussi chaotique. La traditionnelle liberté d’exercice des droits et libertés fondamentales a subi un coup fatal. Prisonniers politiques, poursuites judiciaires contre des journalistes (Manger et POLE-POLE), les agressions par la police des journalistes étrangers (l’Agence France-Presse et le quotidien Le Monde, chargés de couvrir l’élection présidentielle du 20 mars 2016), la confiscation totale des libertés politiques, des atteintes au droit à un procès équitable, le viol et autres formes d’agression sexuelle, la torture, y compris pour des motifs politiques, les arrestations et détentions arbitraires, les exécutions sommaires, la maltraitance dans les prisons, y compris des décès en prison, discrimination et marginalisation des populations autochtones en dépit d’une loi spécifique les protégeant, des menaces contre des défenseurs des droits humains et de l’environnement… La liste n’est pas exhaustive. Telle est la réalité dans notre pays.

Cette répétition tragique des violations des droits humains est la conséquence du laxisme des plus hautes autorités, y compris de la justice qui ne font rien pour limiter les atteintes aux droits humains.

Nous constatons que notre Gouvernement s’évertue à verrouiller la jouissance des droits fondamentaux et n’offre aucune garantie ou perspective d’amélioration. Il est en porte à faux avec ses engagements en matière des droits humains en ce qu’il a lamentablement failli dans sa mission de protection des citoyens. - La situation exceptionnelle du département du Pool

Depuis le 04 avril 2016, la situation sécuritaire dans le Pool reste préoccupante. Les habitants sont dans une situation d’insécurité totale. Des milliers de personnes (entre 10.000 et 20.000) selon les sources ont trouvé refuse ailleurs pour préserver leur vie. Des maisons ont été incendiées et les enfants n’ont plus droit à étudier dans des conditions optimales. Par exemple, le village de Soumouna a été rasé.

Les forces officielles et non officielles n’ont daigné respecter les droits humains et l’intégrité physique des populations. Des civils sont régulièrement pris pour cible. Il y a des morts du côté de la population civile. Il n’est pas possible au stade actuel d’annoncer un bilan. Cette situation crée des contraintes additionnelles à des familles déjà en difficulté.

Des forces gouvernementales, sur des bases subjectives, arrêtent et privent de liberté de simples individus qui, dans certaines circonstances, subissent des traitements inhumains. Actuellement, il n’y a aucune perspective de sortie de crise.

- Sur la Cour pénale internationale

L’OCDH note une solidarité négative de certains pays africains. Nous devons rejeter l’impunité. La meilleure façon de rejeter l’impunité c’est de rester membre de la CPI.

Conclusion : Les Droits humains sont inaliénables, indivisibles et universels. C’est incompréhensible de se sentir à l’aise à promouvoir tel droit et à bafouer tel autre. C’est inacceptable de faire le business au détriment des droits humains ou de consolider des relations affectueuses avec des régimes qui violent systématiquement les droits humains. Il faut les aborder sans tabou, sans passion et au-delà de toute considération d’ordre politique ou idéologique. Il n’est pas encore trop tard. Le Gouvernement congolais doit s’investir pour changer la situation actuelle qui est inadmissible. Pour se faire, il doit développer une politique de lutte contre l’impunité.

Nous terminons cette rencontre en vous annonçant le lancement officiel ce jour, de notre site internet : http://ocdh-brazza.org/ C’est grâce au projet "MANDAT - Mobiliser et Animer les efforts de la société civile dans la lutte contre la Détention Arbitraire et la Torture" financé par l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’Homme de l'Union européenne que l’OCDH se dote aujourd’hui d'un nouvel outil de communication, pour sensibiliser sur les droits humains, mais aussi pour informer sur son organisation et son travail. Ce site conçu et développé avec l’appui technique de l'ONG française Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme (AEDH) met en avant les actions de l'OCDH, son impact et ses publications. Nous tenons à remercier l’Union européenne pour son appui à la société civile. Consulter ce site et au mieux inscrivez-vous sur notre liste de diffusion pour ne rien rater de l’actualité de l’OCDH.

Je vous remercie.

- Pour consulter d’autres communiqués ou rapports de l’OCDH sur la République du Congo, veuillez suivre le lien: www.ocdh.org - Pour obtenir davantage d’informations, veuillez contacter : ocdh.brazza@voila.fr

        Télé. (+242) 05 533 07 63/05 561 57 18/06 654 64 65/05 553 11 85